La doctrine Trump se dessine petit à petit et c’est parfaitement cohérent

La vérité est que Donald Trump a fait un diagnostic de la situation politique et économique des États-Unis que personne n’avait osé faire auparavant, un diagnostic non pas de théoricien mais d’observateur pragmatique du terrain dont, certes, on ne saura que plus tard s’il était le bon ou pas, mais qui tient parfaitement la route. Pour Trump, les causes de la crise économique sont structurelles.

En fait, Donald Trump met tout sur le dos du libre-échange et des délocalisations, avec comme tête de Turc la Chine. Selon lui, tous les stigmates de la crise remontent à une seule et même source : la concurrence des pays en voie de développement qui a dévasté le tissu industriel américain. Vu d’Europe, et notamment avec le regard d’un militant souverainiste, ce diagnostic peut sembler banal, mais aux États-Unis, affirmé avec une telle franchise, c’est inédit, comme il est inédit d’affirmer que le libre-échange est non seulement la cause, mais la seule et unique cause de la crise.

Le rapprochement avec la Russie – confié non pas à un politique mais à un industriel, c’est tout dire – et le refroidissement des relations avec Pékin sont parfaitement cohérents avec une politique de recentrage économique sur le sol américain. Face à la Chine, qui a beaucoup à perdre sur le plan économique, les États-Unis doivent se préparer à une confrontation diplomatique serrée. A contrario, la Russie, loin d’être un concurrent industriel, offre toutes les synergies qui fondent un partenariat fécond pour l’avenir.

Le 6 janvier 2017 par Boulevard Voltaire