« En frappant la Syrie, Trump est devenu le président des Etats-Unis »

Beaucoup de choses vont changer avec cette frappe. C’est le grand retour des Etats-Unis dans l’équation moyen-orientale. Ils étaient déjà présents sur place pour lutter contre Daech depuis août 2014 après le discours de Barack Obama et l’intervention pour sauver la ville de Kobané. Les Américains sont présents au sol avec des forces spéciales, avec des Marines, qui viennent en appui soutien des forces kurdes.

Cette nuit, Trump est devenu un président aux yeux des Américains et c’est ce qui compte le plus pour lui. Avant, on se moquait de lui dans le «Saturday Night Live», toute la presse était vent debout contre lui, mais avec cette frappe, ce mélange d’émotions – le résultat de l’attaque chimique qui a choqué les Américains – et de fermeté, on le découvre comme président, et comme les Américains adorent, en Commander in Chief. C’est aussi une manière de dire : «regardez, Obama était un indécis qui n’est pas allé au bout de ce qu’il devait faire, notamment en août 2013». Même si Trump était contre une intervention à l’époque. Le message est parfait pour l’opinion : punir l’horreur est dans la mentalité américaine. Il remobilise son propre parti : tous, comme McCain ou Graham, sont obligés de reconnaître qu’il n’est pas le fou que l’on décrivait. Même des démocrates ont approuvé les frappes. Même la presse américaine a soutenu son action.

Avec cette frappe, Trump lave le soupçon d’être une créature de Poutine, ce qui avait conduit à la démission de son ancien conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn, qui avait eu des contacts avec l’ambassadeur russe avant l’élection. Vladimir Poutine a fermement condamné ses frappes. Les Russes sont attachés à la position de principe du respect du droit international, tant que cela ne les concerne pas, notamment en Crimée.

Le 8 avril 2017 par Paris Match