Frappe américaine en Syrie : pourquoi Donald Trump a décidé d’intervenir militairement

Donald Trump a mis sa menace à exécution. Pour la première fois depuis le début du conflit syrien, les forces américaines ont frappé, vendredi 7 avril, la base militaire de Shayrat, au sud de Homs. Un bombardement en représailles à l’attaque à l’arme chimique, mardi, attribuée au régime de Bachar Al-Assad, du village de Khan Cheikhoun. Six soldats syriens sont morts dans cette frappe américaine, provoquant immédiatement la réaction de Damas, Moscou et Téhéran, qui ont condamné cette opération.

Si Washington a prévenu ses alliés de la coalition, dont Paris, avant de procéder à ce bombardement, rares sont les observateurs qui ont anticipé une intervention si soudaine. Jusque-là, les prises de paroles de Donald Trump et de son administration allaient précisément dans le sens inverse, note le Time (en anglais). En juillet, alors qu’il n’est que candidat, il explique au New York Times (en anglais) que si Bachar Al-Assad est « un sale type », il est préférable de faire front commun pour combattre les jihadistes. Le 30 mars, Nikki Haley, l’ambassadrice américaine aux Nations unies, va même jusqu’à dire que le départ du dictateur syrien n’est pas une priorité pour Washington, rompant définitivement avec la ligne de Barack Obama sur le dossier.

Cinq jours plus tard, la même Nikki Haley dénonce, cette fois, un « crime de guerre » du régime syrien, en montrant aux caméras du monde entier une photo d’un enfant mort à Khan Cheikhoun. Interrogé le même jour sur ce changement radical, Donald Trump concède que son « attitude envers la Syrie et Assad a beaucoup changé ». Avant d’ajouter : « L’attaque contre les enfants a eu un grand impact sur moi, un grand impact. »

Une façon aussi de montrer ses muscles sur la scène internationale sans pour autant craindre une escalade de violences avec la Russie, estime Jean-Pierre Maulny. « On est dans une riposte limitée sur une cible militaire, qui a comme objectif de dire à Bachar Al-Assad : ‘Ne faites plus jamais ça.’ Ce n’est pas une frappe majeure pour autant. Au contraire. » Lors de ce bombardement, Washington a envoyé 59 missiles Tomahawk sur la seule base syrienne de Shayrat. En 2011, les forces américaines, appuyées par les Britanniques, avaient lancé une première vague d’environ 110 missiles sur la Libye sur plus de 20 objectifs différents, signe d’une opération d’une plus grande envergure.

Le 8 avril 2017 par France Info