Réforme du système de santé : Trump vise la prise de pouvoir

Trump a été élu, mais il n’a pas encore le pouvoir. La journaliste Monica Crowley estimait dernièrement que « l’Etat profond » (Deep State) veut évincer Trump avant qu’il ne réussisse, et préférablement « envoyer l’organisme étranger en prison » (Fox News, Hannity, 7 mars 2007). D’où le « dossier » Russe, vocalisé par les parlementaires républicains et démocrates d’une vieille garde néocon qui contrôle deux commissions d’enquête sur les agissements de la Russie dans l’élection présidentielle.

Trump vient de stopper net Obama qui comptait retourner en campagne publique contre lui (selon l’ancien ministre de la Justice démocrate Eric Holder). En lançant le 4 mars une opération tweetienne de brouillage qui accusait Obama de l’avoir mis sur écoute, Trump a réussi le tour de force de faire inclure le comportement de l’administration Obama dans les travaux des commissions d’enquête parlementaires sur l’ingérence russe. Il a même réussi à rouvrir la discussion sur les manœuvres illégales conduisant à l’éviction du général Flynn, et à étouffer dans l’œuf l’assassinat politique du nouveau ministre de la Justice Jeff Sessions (toujours la Russie!).

La clé du succès du président repose sur son plan fiscal, comme sur les grands travaux d’infrastructures (sujets politiquement payants) mais aussi sur la neutralisation financière du système de santé hérité d’Obama (sujet politiquement dangereux). Trump sait que son programme économique sera saboté par le Congrès, soit par intention, soit par incompétence, soit… par absence de jours ouvrés (8 jours de session en avril) !

Il lance donc la réforme d’Obamacare, en misant sur la gauche du parti républicain, sans trop blesser la droite. Trump vise en fait les démocrates modérés du Congrès, en réélection prochaine, aujourd’hui écrasés par l’establishment, espérant faire basculer cette base dans son « Obamacare light » (mais efficace). Si les démocrates acceptent la main tendue, tant mieux ! S’ils refusent, Trump, leur offrira le chapeau, laissera l’actuel Obamacare à son sort (effondrement probable en 2018). Libéré, il pourra ainsi imposer en urgence aux parlementaires des deux bords sa panoplie de réformes économiques, très populaires dans les sondages, comme à la bourse.

Le 12 mars 2017 par Boulevard Voltaire