Trump ou le bon côté de l’imprévisibilité

Les frappes ordonnées par Donald Trump sur la Syrie, reconnaissons-le, ont eu quelque chose de libératoire. Comme un soulagement après toutes ces années de laisser-faire. Bachar al-Assad pensait avoir carte blanche bien à l’abri sous le parapluie russe ? Eh bien non. Il a franchi la ligne rouge de trop. Et il a fallu que ce soit Donald Trump qui le lui signale. Comme quoi, être imprévisible a parfois un bon côté. Mais l’on ne peut s’empêcher de redouter la suite quand on sait à quoi ont mené par le passé les interventions américaines dans la région.

Montrer à Bachar al-Assad qu’il ne bénéficie plus d’aucune impunité, c’est bien, et il était plus que temps de le faire (l’inaction d’Obama sur ce dossier restera sur son bilan une tache que la population syrienne aura payée au prix fort). Mais il ne faudrait surtout pas laisser croire aux va-t-en-guerre de tous poils que c’est désormais open bar. Surtout pas rajouter de l’instabilité dans une région ô combien instable et risquer l’engrenage qui conduirait à un embrasement mondial. Non, il faut viser bien plus loin.

Le 8 avril 2017 par Libération