Trump s’en va en guerre

L’attaque chimique d’Assad ouvre une de ces crises qui révèlent un tempérament. Quelques heures après le drame, les images des victimes défigurées par le gaz sarin mélangé au chlore arrivent sur le bureau de Donald Trump. Ce ne sont pas celles qui ont paru dans les journaux, mais d’autres, impubliables, que personne ne verra. Le président, lui, ne doit pas être épargné. C’est la règle quand un massacre a lieu. Et « ce n’est pas forcément le moment le plus facile », nous confie un témoin qui se souvient encore du visage décomposé de François Hollande devant la vidéo de décapitation d’un otage français. A 10 h 30, Trump, sonné, convoque son Conseil de sécurité, dirigé par le général Herbert Raymond McMaster.

Ce mercredi, Trump réunit à nouveau son Conseil de sécurité, à 15 heures, dans la « Situation Room », la « salle de crise » au sous-sol de la Maison-Blanche. Trois options sont sur la table : ne rien faire, répondre de manière mesurée, lancer une riposte de grande ampleur (avec, à la clé, bombardement du palais présidentiel d’Assad à Damas). Steve Bannon, qui préconise la première option, est mis en minorité. H.R. McMaster recommande la deuxième. Il est rejoint par le secrétaire à la Défense James Mattis (un autre général surnommé « Mad Dog ») et par Rex Tillerson, le secrétaire d’Etat que cette crise va révéler au grand public. Ex-P-DG de la compagnie pétrolière Exxon, cet ancien grand patron n’est pas le plus médiatique de la bande… Mais c’est un rouleau compresseur. D’allure massive, cet ultra-discipliné est surnommé « le robot ». Il est aussi un expert de la Russie. Le compte à rebours commence.

A 16 heures, il atterrit à West Palm Beach. C’est là qu’il donne son feu vert pour une riposte « mesurée ». Trois heures quarante plus tard, les premiers missiles Tomahawk décollent depuis deux porte-avions en position dans la région, le « USS Porter » et le « USS Ross ».

Le 15 avril 2017 par Paris Match